Avec la Puff Bar, la fin du reconstructible et des clearos ?

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  • La massification des Puffs Bars peut créer un secteur de la vape à un seul produit. Une tendance qui s’est déjà produite dans les années 1930 dans celui du tabac.


    Quand on regarde les catalogues des sites de vape et des Vap shops, on n’a que des Puffs Bars dans toutes les formes possibles, parfums possibles et prix possibles. Leur qualité est médiocre et c’est un produit jetable qui revient cher aux vapoteurs. Comparé aux autres secteurs de la vape, c’est une véritable hérésie. A la limite, la Puff Bar pourrait être un complément, mais on n’a que ça et il semblera qu’on n’aura que ça à l’avenir.

    Le reconstructible était déjà une affaire de niche, utilisés par moins de 5 % des vapoteurs. Mais les fabricants s’intéressaient à ces 5 % et sortaient régulièrement des RTA et RDA parce que ces 5 % étaient les premiers dans la vape, donc les premiers acheteurs par la même occasion. Avec la nouvelle vague d’acheteurs qui ne savent plus ce qu’est du coton, un coil ou le fait de mélanger du PG/VG avec de la nicotine, ces vapoteurs experts vont se réduire comme peau de chagrin.

    Par ailleurs, le reconstructible n’incite pas à des achats hebdomadaires comme les Puff Bars. Vous achetez un ato et il peut durer des années. Mon vieux Supreme V3 tient encore le coup aujourd’hui, après plus de 2 ans d’utilisation quotidienne. Les mecs du reconstructible ne sont pas de bons clients pour les fabricants de vape, mais aussi les grossistes et les revendeurs.

    Le reconstructible a toujours été une affaire de niche, mais les Puff Bars vont également faire disparaitre les clearos et les pods qui sont, eux, utilisés par la majorité des vapoteurs. C’est normal, une Puff est plus facile qu’un pod et moins cher qu’un clearo. On n’a pas à s’encombrer de liquides, de batteries ou de résistances compatibles. Et évidemment, s’ils disparaissent, alors les fabricants de liquide font faillite les uns après les autres, car tout le liquide sera monopolisé par la Chine via ses puffs.

    Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui, Big Tobacco fait partie des plus grands fabricants de liquide. En misant tout sur les Puffs, il assure le contrôle de la production de a à z et il extermine les maillons faibles de la chaine de production, soit en les rachetant, soit en les rendant obsolètes.

    C’est exactement ce que Big Tobacco avait fait dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale. A cette époque, vous aviez trois secteurs distincts sur le tabac. Vous aviez les planteurs qui fournissaient les feuilles, vous aviez les empaqueteurs qui créaient différents produits avec ce tabac comme celui à mâcher, pour la pipe et les cigarettes à rouler. Vous pouviez acheter directement des feuilles de différentes espèces de tabac pour faire vos propres mélanges comme on peut le faire aujourd’hui avec le café.

    Et enfin, vous aviez le dernier tier qui était les distributeurs, soit Big Tobacco. Dans les années 1930, les grands noms actuels de Big Tobacco ne possédaient pas de plantations et ils ne traitaient pas les feuilles. Il se contentaient de livrer le produit aux marchands de tabac. Par la suite, ils ont détectés que les empaqueteurs étaient le maillon faible de la chaine, car c’était plein de petites entreprises qui dynamisaient le secteur, mais qui étaient faibles par leur trésorerie.

    Ils ont commencé à les racheter les unes après les autres et ils ont progressivement supprimé la diversification des produits. Ils ont également supprimé les différentes espèces de tabac, car cela coutait trop cher. C’est pourquoi aujourd’hui, l’espèce la plus populaire est le tabac de Virginie. Notons qu’avec l’essor de la vape et l’arrivée des macérats, vous aviez la résurrection d’espèces de tabac totalement disparues.

    Cette suppression du maillon faible est clairement visible aujourd’hui avec les Puff Bars. Même si depuis quelques années, on avait aussi ce phénomène chez les fabricants de liquide. L’image de l’artisan qui fabrique son liquide au fond de sa cave dans un fût de chêne est devenue une image d’Épinal. A la place, on a de grosses boites qui fabriquent tout de a à z. Car le maillon essentiel, mais faible par sa structure dans les liquides est le laboratoire. C’est ce dernier qui fabrique les liquides aux normes. Mais ce ne sont pas de grandes entreprises. Et donc, de grosses marques ont commencé à les racheter depuis des années et c’est pourquoi, par exemple, en France, vous n’avez que quelques grands noms qui fabriquent 90 % des liquides.

    Et de l’autre coté, la Puff Bar achève l’aspect diversifié de la vape en proposant un seul produit, jetable à l’extrême, pas si abordable que ça si on regarde les couts sur le long terme. Notons que je ne suis pas un ennemi de la Puff Bar, car il doit avoir sa place au même titre que tous les autres produits de la vape. Et seuls les vendeurs et les grossistes peuvent combattre ce phénomène et inciter les vapoteurs à aller vers des produits qui sont plus viables économiquement et qui protègent leur industrie. Et surtout que la Puff Bar ne donne que 1 % du potentiel de la vape ce qui est un gâchis monstrueux.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef et webmestre de Vapotage. Vapoteur débutant, outré par la diabolisation de la cigarette électronique. Je parle de vape, de cigarette électronique et de l'actualité quand l'envie me prend.

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