Que dit la science sur la cigarette électronique

Ci-dessous, quelques études qui montrent les effets bénéfiques de la cigarette électroniques. Quelques unes de ces études sont suffisamment robustes pour avoir un début de consensus scientifique sur la cigarette électronique. Je liste principalement les études qui montrent les effets positifs de la cigarette électronique, car les études négatives sont très douteuses par leur méthodologie. Vous pouvez me contacter pour me proposer des études scientifiques sur la cigarette électronique. Il faut qu’elles aient un échantillon de personnes suffisamment grand (en milliers ou dizaines de milliers de personnes, une longue durée et une méthodologie claire et pertinente par rapport  à la vape).

Le rapport du Public Health England (2015)

C’est sans doute l’étude qui est cité systématiquement par les vapoteurs. Puisqu’on accuse souvent les études positives sur la cigarette électroniques d’être à la botte des fabricants de cigarette électronique (on voit que ces marioles ne connaissent pas du tout le secteur de la vape qui est régi principalement par les indépendants). Le gouvernement britannique a financé une évaluation systématique de toutes les études sur la cigarette électronique. Le rapport fait plus de 100 pages et il mérite d’être lu en intégralité, mais voici les principaux messages :

  1. Les fumeurs qui ont essayé d’autres méthodes pour cesser de fumer sans succès pourraient être encouragés à essayer la cigarette électronique pour arrêter de fumer et les services d’interdiction de fumer devraient aider les fumeurs qui le font à cesser de fumer en leur offrant un soutien comportemental.
  2. Encourager les fumeurs qui ne peuvent ou ne veulent pas arrêter de fumer à passer à la cigarette électronique pourrait contribuer à réduire les maladies, la mortalité et les inégalités en matière de tabagisme.
  3. Rien ne prouve que les cigarettes électroniques minimisent le déclin à long terme du tabagisme chez les adultes et les jeunes et pourraient même y contribuer. En dépit de quelques expérimentations sur la cigarette électronique parmi les non-fumeurs, elle attire très peu de personnes qui n’ont jamais fumé pour une utilisation régulière.
  4. Des études récentes soutiennent les conclusions de la Cochrane Review selon lesquelles la cigarette électronique peut aider les gens à arrêter de fumer et à réduire leur consommation de cigarettes. Il est également prouvé que la cigarette électronique peut encourager l’abandon du tabac ou la réduction de la consommation de cigarettes, même parmi ceux qui n’ont pas l’intention d’arrêter de fumer ou qui refusent tout autre soutien. Plus de recherches sont requises dans ce domaine.
  5. Lorsqu’elles sont utilisés comme prévu, les cigarettes électroniques ne présentent aucun risque d’empoisonnement à la nicotine pour les utilisateurs, mais les liquides doivent être dans un emballage à l’épreuve des enfants. L’exactitude de l’étiquetage de la teneur en nicotine ne soulève actuellement aucun problème majeur.
  6. Au cours de la dernière année, la perception inexacte selon laquelle la cigarette électronique est aussi nocif que la cigarette est en train de changer, contrairement à l’estimation actuelle des experts selon laquelle l’utilisation de la cigarette électronique est environ 95 % moins dangereuse que de fumer.
  7. Bien que protéger les enfants qui ne fument pas et veiller à ce que les produits mis sur le marché soient aussi sûrs et efficaces que possible soit clairement un objectif important, les nouvelles réglementations actuellement prévues devraient également maximiser les opportunités de santé publique de la cigarette électronique.
  8. Une vigilance et des recherches continues dans ce domaine sont nécessaires.

Source : E-cigarettes: an evidence update
A report commissioned by Public Health
Englandhttps://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/733022/Ecigarettes_an_evidence_update_A_report_commissioned_by_Public_Health_England_FINAL.pdf

Note : Si vous n’êtes pas encore convaincu par des conclusions aussi rassurantes, alors vous êtes vraiment irrécupérable, malhonnête ou totalement con.

La méta-analyse de Cochrane (2016)

Même si le secteur de la vape cite le rapport du gouvernement britannique, je préfère également citer la méta-analyse de Cochrane de 2016.  Cochrane est une organisation réputée dans le monde médical. Souvent, ces études inspirent les politiques de santé publique par les différents ministères de la santé de différents pays (sauf pour la cigarette électronique, évidemment). Cochrane reconnait lui-même que son échantillon est faible (environ 600 personnes). Mais cette méta-analyse de 2016 est une mise à jour de celle de 2014 et les conclusions de Cochrane n’ont absolument pas changé.

Ainsi les auteurs considèrent que :

Les résultats combinés de deux études, portant sur 662 personnes, montrent que l’utilisation d’une cigarette électronique contenant de la nicotine augmentait les chances d’arrêter de fumer à long terme par rapport à l’utilisation d’une cigarette électronique sans nicotine. Nous n’avons pas pu déterminer si la cigarette électronique était plus efficace qu’un patch nicotinique pour aider les gens à arrêter de fumer, en raison du faible nombre de participants dans l’étude. Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer cet effet.

Les autres études sont de qualité inférieure, mais elles soutiennent ces résultats. Aucune des études n’a mis en évidence un risque accru pour la santé des fumeurs ayant utilisé des cigarettes électroniques à court et moyen termes (pendant deux ans ou moins) par rapport à ceux qui n’avaient pas utilisé de cigarettes électroniques.

Source : La cigarette électronique dans le sevrage tabagiquehttps://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010216.pub3/full/fr#CD010216-abs-0010

Note de l’auteur : Même si l’étude de la Public Health England est très positive, la méta-analyse de Cochrane ne l’est pas moins. Si on vous demande des études montrant que la cigarette électronique a un effet positif sur la cessation, je vous recommanderais ces deux là.

L’étude du BMJ (British Medical Journal) sur la cigarette électronique et la cessation tabagique (2017)

Alors là, on ne plaisante, car c’est une seule étude (contrairement aux méta-analyses précédentes). Mais son échantillon est monstrueux. Plus de 160 000 personnes dont 22 000 étaient des fumeurs. Les données se sont étalées sur 12 mois, provenant de plusieurs enquêtes d’opinions sur le tabagisme et les fumeurs aux Etats-Unis.

Et la conclusion des auteurs est sans appel en faveur de la cigarette électronique :

L’augmentation substantielle de l’usage de la cigarette électronique chez les fumeurs américains adultes était associée à une augmentation statistiquement significative du taux de renoncement au tabac au niveau de la population. Ces conclusions doivent être soigneusement pesées dans l’élaboration des politiques réglementaires en matière de cigarettes électroniques et dans la planification des interventions de lutte antitabac.

Source : E-cigarette use and associated changes in population smoking cessation: evidence from US current population surveyshttps://www.bmj.com/content/358/bmj.j3262

Note de l’auteur : C’est une étude très robuste, avec un échantillon suffisamment grand et la baisse du tabagisme est bien là grâce à la vape. On peut la prendre par tous les angles, mais cette baisse est directement provoqué par la vape.

Etude sur la baisse du tabagisme chez les jeunes et l’augmentation de la cigarette électronique (2018)

Cette étude publiée, dans la revue Tobacco Control, détruit totalement le mythe de la prétendue hausse du tabagisme chez les jeunes à cause de la vape.  Elle a regardé des sondages et des enquêtes d’opinion de plusieurs sources. Elle a principalement visé les élèves du secondaire et du premier cycle. Elle a remarqué une baisse significative du tabagisme chez ces jeunes à mesure que leur utilisation de la cigarette électronique a augmenté.

Ainsi, les conclusions des auteurs est que :

La relation inverse entre vapotage et tabagisme était robuste dans différents ensembles de données pour les jeunes et les jeunes adultes et pour le tabagisme actuel et plus établi. Bien que l’essai de cigarettes électroniques puisse entraîner une augmentation causale du tabagisme chez certains jeunes, l’effet global au niveau de la population semble être négligeable compte tenu de la réduction du nombre de fumeurs pendant la période de l’augmentation de la vape.

Source : Examining the relationship of vaping to smoking initiation among US youth and young adults: a reality check, https://tobaccocontrol.bmj.com/content/early/2018/10/31/tobaccocontrol-2018-054446

Note de l’auteur : Cette étude est vraiment intéressante à plus d’un titre. Car d’une part, elle ne nie pas que la vape peut amener vers le tabagisme. Mais elle ajoute immédiatement que c’est valable au niveau individuel. Et oui, il peut y avoir quelques personnes, dans un groupe de milliers de vapoteurs, qui peuvent être tenté par la cigarette. Mais au niveau de la population et si on regarde sur le long terme, alors la vape ne baisse pas non seulement le tabagisme, mais elle provoque une accélération de cette baisse. Parce que si on doit interdire l’e-cig parce quelques personnes se sont mis à fumer, alors c’est comme si on interdisait les ceintures de sécurité dans les voitures parce que certaines personnes sont mortes précisément à cause de ces ceintures de sécurité. Oui, la ceinture de sécurité peut provoquer parfois des accidents, mais elle sauve aussi 1 000 fois plus de vies.